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Un an après : dans les micro-crèches des Doux Doubs, les résultats du programme Vivre-ensemble sont déjà visibles

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Il y a un an, les équipes des quatre micro-crèches du réseau Les Doux Doubs, dans le département du Doubs, se formaient au programme Vivre-ensemble - Fri for Mobberi. Un an plus tard, les professionnelles disposent désormais du recul nécessaire pour mesurer les effets de sa mise en œuvre auprès des tout-petits. Développement de l'empathie, gestion des émotions, transitions plus sereines, implication des familles : les résultats observés au quotidien confirment qu'il n'est jamais trop tôt pour travailler les compétences psychosociales. Rencontre avec Johanna Ardiet, directrice du réseau.

Le réseau Les Doux Doubs regroupe quatre micro-crèches accueillant des enfants de 10 semaines à 6 ans. Engagées depuis plusieurs années dans une démarche de qualité et d'amélioration continue, les structures sont aussi labellisées écolo-crèche.

À la tête du réseau, Johanna coordonne les équipes des quatre établissements. Deux fois par an, l'ensemble des professionnelles se retrouve lors de journées communes, tandis que les coordinatrices de chaque structure participent à des temps d'échange hebdomadaires afin de faire vivre collectivement les projets pédagogiques.

Tout a commencé par un petit ours aperçu au Danemark

L'histoire du programme Vivre-ensemble - Fri for Mobberi aux Doux Doubs débute lors d'un voyage d'étude au Danemark.

Au cours de leurs visites de structures d'accueil, Johanna et son adjointe remarquent un élément récurrent : un petit ours violet présent partout dans les crèches.

Intriguées, elles cherchent à comprendre son rôle.

Très vite, elles découvrent que l'Ami Ours n'est pas une simple peluche mais un véritable outil éducatif utilisé pour accompagner les émotions, les relations entre enfants et le développement des compétences psychosociales.

De retour en France, elles prennent contact avec la Ligue de l'enseignement et décident d'engager leurs équipes dans l'aventure.

La formation, assurée par Chahra Joubrel Merahi, est suivie par l'ensemble des professionnelles du réseau. L'accompagnement proposé par le formateur de la fédération locale de la ligue de l’enseignement, Anthony Santoro, permet ensuite d'adapter progressivement les pratiques aux réalités des 4 micro-crèches et à leurs besoins spécifiques.

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Une mise en place progressive, pensée pour les tout-petits

Si les équipes ont immédiatement adhéré au projet, elles ont également appris qu'il fallait prendre le temps.

Au départ, certaines activités étaient proposées à des groupes trop importants.

Rapidement, les professionnelles ajustent leur organisation.

« On s'est rendu compte que déjà une pour deux ou trois enfants maximums, c'était suffisant. Parce que sinon trop de stimuli, on regarde le copain qui fait un bruit ou s’amuse et du coup ça part dans tous les sens. »

Même logique pour les supports pédagogiques.

Les équipes choisissent désormais de travailler une seule thématique à la fois afin de permettre aux enfants de s'approprier pleinement les notions abordées.

Cette progression graduelle est d’ailleurs conseillée dans la formation au programme.

« Depuis les vacances d'avril, on a décidé de travailler une planche par une planche. Pas forcément plusieurs planches en même temps sur la même période pour vraiment travailler une thématique et aller au bout de cette thématique. »

Des ressources qui enrichissent les pratiques professionnelles

Pour Johanna, l'une des grandes forces du programme réside dans la richesse des outils mis à disposition des équipes.

« Le fait d'avoir des supports, d'avoir déjà le site internet qui est une mine d'or en termes de ressources, mais d'avoir aussi la mallette pédagogique et de pouvoir avoir, entre autres, ces petites planches que l'on propose aux enfants au quotidien, ça vient renforcer nos pratiques, ça vient renforcer notre posture. »

Les ressources numériques, les supports pédagogiques et les échanges avec les formateurs constituent un ensemble cohérent qui accompagne les professionnelles dans leur quotidien.

« Moi j'en suis ravie et puis l'équipe en est ravie. »

Au fil des mois, les équipes ont également enrichi leur pratique avec une importante sélection d'albums jeunesse consacrés à la confiance en soi, la gratitude, l'entraide, l'attente ou encore la gestion des émotions.

L'Ami Ours, un compagnon du quotidien

Aujourd'hui, l'Ami Ours fait partie intégrante de la vie des quatre micro-crèches.

On le retrouve dans les espaces de vie, lors des activités, pendant les sorties, mais aussi dans des moments beaucoup plus ordinaires du quotidien.

Il accompagne les temps de change et il est aussi présent lors des séparations du matin ou encore dans les moments de réconfort.

À l'entrée de chaque structure, une grande peluche Ami Ours accueille les enfants dès leur arrivée.

Et les effets sont visibles.

« Les enfants demandent spontanément l'Ami Ours lorsqu’il passe la barrière pour rentrer dans la crèche »

Pour Johanna, l'Ami Ours est devenu un véritable médiateur entre la maison et la crèche.

« L’Ami ours a vraiment un rôle de médiateur entre la cellule familiale et la structure d'accueil où il vient apporter de la sérénité, du réconfort avant de pouvoir partir jouer. »

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Des parents plus sereins et davantage impliqués

Les changements observés ne concernent pas uniquement les enfants.

Suite à la formation au programme Vivre-ensemble - Fri for Mobberi, les équipes ont repensé l'accueil des familles.

Les parents sont désormais invités à prendre davantage leur temps le matin, à accompagner leur enfant dans la transition vers la vie en collectivité et à rester aussi longtemps qu'ils en ressentent le besoin.

Progressivement, l'Ami Ours est lui aussi devenu un repère pour les familles.

« Certains parents proposent l’Ami ours d'eux-mêmes à leur enfant. »

Les retours recueillis dans les enquêtes de satisfaction menées auprès des familles sont particulièrement encourageants.

« Beaucoup de parents se sentent entendus, respectés et accueillis dans la structure cette année particulièrement. »

Les ressources proposées sur l'espace dédié du programme contribuent également à cette dynamique. Les familles peuvent y retrouver des contenus complémentaires qui prolongent à la maison les thématiques abordées à la crèche et leur permettent de mieux comprendre la démarche engagée par les équipes.

Après un an, les progrès des enfants sont déjà visibles

C'est sans doute sur ce point que Johanna est la plus enthousiaste.

Après un an de mise en œuvre, les équipes observent déjà des évolutions concrètes dans les comportements des enfants.

L'un des changements les plus marquants concerne leur capacité à identifier les émotions de leurs camarades.

« Je suis super surprise de les voir réagir. Avant les camarades allaient simplement lui redonner son doudou ou sa tétine. Maintenant les plus grands viennent solliciter les professionnelles en disant : "Je crois qu'il a besoin de l’Ami ours." »

Pour Johanna, ce changement est loin d'être anodin.

« Si l'enfant se dit que le camarade a besoin de l'Ami Ours, c'est qu'il a repéré chez son camarade que l'émotion était source de souffrance pour lui et qu'il y avait besoin de quelque chose pour l'apaiser. »

Les professionnelles observent également davantage de comportements d’altruisme ou encore de comportements de réparation lors des conflits.

Lorsqu'un enfant a blessé un camarade ou provoqué sa tristesse, il est désormais fréquent qu'il aille chercher spontanément l'Ami Ours pour tenter de réparer la relation.

Pour la directrice, ce type de comportement révèle la construction de véritables compétences psychosociales.

« Via l’Ami ours, l’enfant construit au niveau cognitif tout un schéma de pensée de : "J'ai fait mal, il faut que je fasse quelque chose pour que mon copain aille mieux." »

« Là, je me dis : ça fonctionne »

Lorsqu'on lui demande ce qui lui fait mesurer concrètement l'impact du programme, Johanna n'hésite pas longtemps.

Sa réponse part de ses observations quotidiennes :

« Moi j'ai les yeux qui brillent quand je passe au sein du groupe et que je vois un enfant communiquer de manière un petit peu brute avec ses mains. Lorsqu'il regarde la réaction sur le visage de l'autre, l'enfant qui a poussé le camarade devient tout penaud et demande l'Ami Ours, l'attrape et l'emmène à son camarade. »

Alors elle voit le chemin parcouru et conclut :

« Là je me dis : OK, ça fonctionne, ça a fonctionné. »

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Même les adultes ont adopté l'Ami Ours

Au fil des mois, l'Ami Ours a trouvé sa place bien au-delà des espaces dédiés aux enfants.

Entre Johanna et son adjointe, une habitude s'est même installée.

« Quand on voit que l'une est un peu triste, un peu en colère ou contrariée, on va chercher l'Ami Ours. Maintenant, on l'utilise aussi entre nous. Souvent, ça nous aide à mettre des mots autour de l'émotion de l'autre et derrière, l'autre retrouve le sourire. »

Ce qui avait commencé comme une plaisanterie est devenu un véritable rituel.

Une jolie illustration de ce que défend le programme Vivre-ensemble Fri for Mobberi depuis ses débuts : les compétences psychosociales se développent dès le plus jeune âge, mais elles accompagnent chacun tout au long de la vie.

Une dynamique appelée à se poursuivre

Après une année de déploiement, les équipes des Doux Doubs souhaitent poursuivre le travail engagé. L'enjeu n'est plus seulement d'ancrer le programme dans les pratiques quotidiennes des micro-crèches, mais aussi de réfléchir à sa continuité lorsque les enfants quittent la structure.

Pour Johanna, les compétences psychosociales se construisent dans la durée. C'est pourquoi elle aimerait voir se développer davantage de passerelles avec les écoles qui accueilleront les enfants après leur passage en micro-crèche.

« L'idéal serait que les enfants retrouvent ensuite les mêmes repères lorsqu'ils entrent à l'école. »

L'Ami Ours, les outils de verbalisation des émotions et les compétences développées au fil des années gagneraient ainsi à accompagner les enfants tout au long de leur parcours.

Cette perspective apparaît aujourd'hui comme une suite logique au travail engagé depuis un an : offrir aux enfants un environnement cohérent, où l'empathie, l'entraide, la confiance en soi et le respect des émotions continuent d'être encouragés bien au-delà de la petite enfance.

C’est d’ailleurs dans cette logique de continuité que s’inscrit Vivre ensemble – Fri for Mobberi, qui forme également les professionnels du scolaire et du périscolaire accompagnant les enfants de 3 à 11 ans.

Photos @Les Doux Doubs