Mesure de l’impact de Vivre-ensemble - Fri for Mobberi, fin de la phase formation du groupe d’intervention
En juin dernier, 225 écoles primaires se sont portées volontaires pour s’engager dans la recherche nationale pour l’évaluation rigoureuse de l’impact du programme Vivre-ensemble - Fri for Mobberi sur le bien-être des élèves et la réduction des faits de harcèlement.
Cette recherche est déjà marquée par des expériences de terrain marquantes comme celle de l’école d’Entrevaux dans le département des Alpes de Haute Provence, une école rurale de 57 élèves répartis en trois classes. Cette école nous montre comment le programme Vivre-ensemble - Fri for Mobberi était attendu et va devenir un véritable point d’appui pour toute une communauté éducative.
L’équipe a découvert la recherche par un message de l’IEN de circonscription. Pour Quentin Jean, le directeur, l’intérêt a été immédiat : « Nous sommes, à titre personnel, très intéressés par la communication non violente et par l’envie de trouver une relation avec les enfants – les nôtres comme ceux de l’école – basée sur la confiance et l’écoute. » Cette sensibilité existait déjà, mais restait difficile à concrétiser. « Nous avions même demandé une formation en CNV, qui n’a jamais été financée. Alors évidemment, ce qui nous a intéressés dans ce programme, c’est la thématique, mais aussi sa faisabilité. »
Pour la formation, le directeur a voulu inviter le plus grand nombre possible de professionnel·les de l’école. « Nous avons convié le maximum de personnel, et nous avons réussi. » Enseignants, ATSEM et agents municipaux étaient présents. Ce choix d’une participation large répondait à un objectif précis : « parler le même langage » et construire un projet commun.
« Poser tout à plat » pour retrouver confiance et se projeter
Le déroulé de la formation a été apprécié par tous. Laila Tonna, la formatrice Vivre-ensemble - Fri for Mobberi qualifie ses stagiaires d’incroyables : “Ils se projetaient avec l’Amis ours, ils parlaient de le faire venir en hélicoptère, le projet de l’arrivée de l’Ami ours était déjà en train de se créer. Les AESH, les dames de la cantine réfléchissaient à lui coudre une toque, un tablier.”
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"Cette école est un coup de coeur tant le projet venait s’inscrire et s’aligner avec leur manière de voir l’éducation et d’accompagner les enfants.” |
Le directeur de l’école, quant à lui, confirme un rendez-vous réciproque entre la formatrice et l’équipe : « Nous avons été très heureux d’accueillir Laila. Elle est restée proche de nous, et nous avons réellement pu nous emparer de ces moments de formation pour engager de vraies discussions, des remises en question, des projets. ».
Parmi les apports les plus structurants, il cite le triptyque difficultés – besoins – compétences. « J’ai adoré ce triptyque. Il pose tout à plat. Il permet de relativiser et, en même temps, de se donner le courage de continuer à faire ce que nous faisons, malgré la fatigue, les échecs, les déboires. » En maternelle, c’est la dimension opérationnelle qui a particulièrement séduit : « Pour la professeure de maternelle, c’est surtout l’aspect clé en main qui est à souligner, et la facilité de mise en application des outils. Elle s’est tout de suite projetée avec l’ami ours. »
Les effets ont rapidement été visibles. « Il y a eu un vrai regain de confiance pour toute l’équipe école », mais aussi « un renforcement du lien entre professeurs, et avec le personnel municipal, autour d’un projet et de valeurs communes ». Le directeur évoque également « un renforcement du lien avec les élèves, car nous avons l’impression d’avoir les clés ».

Aujourd’hui, l’Ami ours, avec son tablier tricoté, est utilisé dans les trois classes, les outils de la mallette sont intégrés en maternelle, et un banc de l’amitié est en projet. Surtout, les valeurs du programme seront inscrites dans le prochain projet d’école.
« Cela signifie que nous voulons faire de ces pratiques les normes de cette école. »
Et pour l’avenir, le souhait est clair : « que les élèves soient heureux d’être à l’école, qu’ils se sentent à leur place, entendus et compris, et qu’ils aient les outils pour devenir des adultes autonomes, épanouis et respectueux. ». Pour cela, il espère “ que le lien aussi bien entre professeurs qu'avec le personnel municipal ait pu grandir et se renforcer autour de valeurs communes”
Une formation inscrite dans le cadre de la recherche “Vivre ensemble à l’école”
Toutes les écoles volontaires à la recherche ont été réparties aléatoirement en 2 groupes, l’un dit d’intervention mettant en œuvre dès 2025 le programme Vivre-ensemble - Fri for Mobberi et l’autre de contrôle qui sera formé plus tard. Entre septembre et décembre 2025, une phase décisive de la recherche pilotée par Thomas Villemonteix s’est achevée : celle du déploiement massif des formations du groupe intervention. En l’espace de quatre mois seulement, 73 formations ont été menées sur l’ensemble du territoire. Près d’un millier de professionnels ont ainsi été formés en un temps record, dont l’équipe de l’école d’Entrevaux.
Ce déploiement à grande échelle constitue un pilier central de la recherche. L’objectif n’est pas seulement de former, mais d’observer, analyser et documenter les conditions dans lesquelles un programme de prévention du harcèlement et de promotion du vivre-ensemble peut être mis en œuvre dans la diversité des contextes scolaires : écoles rurales ou urbaines, équipes plus ou moins stabilisées, territoires aux réalités sociales contrastées.
