-PROFESSIONNELS, Témoignage-Ce que ces enseignantes françaises ramènent concrètement du Danemark dans leurs classes
Après une semaine d’immersion dans une école danoise engagée dans le programme Fri for Mobberi, trois enseignantes françaises reviennent avec des idées, des réflexions… mais aussi des envies très concrètes pour leurs propres pratiques. Dans cette cinquième partie de notre série, elles expliquent ce qu’elles souhaitent réinvestir autour des compétences psychosociales, de la coopération et de la prévention du harcèlement scolaire.
À les écouter, leur retour du Danemark n’a rien d’une volonté de « tout révolutionner ».
« On ne revient pas en se disant qu’on va tout changer », expliquent-elles. « Mais ça ouvre plein de pistes de réflexion. »
Certaines idées leur semblent immédiatement réinvestissables. C’est notamment le cas des temps de transition et de recentrage.
« On peut facilement intégrer davantage de musique, de petits jeux collectifs, de moments de respiration. Je pense que je vais prendre encore plus le temps de travailler les compétences psychosociales, surtout en début d’année, pour construire le groupe. »
Des outils concrets pour renforcer le collectif
Le projet qui les enthousiasme le plus reste sans doute celui de la chorale commune, une version musicale du café des parents de Fri for Mobberi, pour faire entrer dans l’école les adultes et travailler la collaboration.
« Cette chorale qui réunissait toute l’école nous a vraiment marquées. » Elles en sortent émues.
L’idée : créer un temps fédérateur réunissant tous les élèves de l’établissement, les parents sont d’ailleurs conviés, chaque semaine à y participer.

« On a senti à quel point ça participait à une cohésion d’école. »
Les enseignantes réfléchissent déjà à la faisabilité matérielle du projet : espace disponible, organisation, adhésion de l’équipe.
« Ça demande du temps et de la réflexion, mais on aimerait vraiment essayer. »
Elles souhaitent aussi développer davantage les activités coopératives. « Même avec des plus grands, il y a énormément de choses à faire autour de la coopération et du vivre-ensemble. »
Autant de pratiques qui rejoignent pleinement les objectifs du programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi : renforcer l’empathie, prévenir les phénomènes d’exclusion et développer un climat scolaire sécurisant.
Ce que le Danemark conforte dans leurs pratiques
Le voyage a également suscité une réflexion plus large sur le rythme scolaire et la place de l’évaluation.
« On s’est rendu compte de la pression qu’on met parfois aux enfants sans même s’en apercevoir. »
Elles soulignent aussi que le système français possède ses propres atouts, elles disposent de leur propre classe qu’elles peuvent décorer comme elles le veulent, ce qui n’est pas le cas au Danemark. Elles ajoutent : « On a quand même une vraie liberté pédagogique. »
Cette liberté leur semble justement permettre de développer des projets autour des compétences psychosociales. « On peut intégrer ces questions dans l’enseignement moral et civique (EVAR), dans la vie de classe, dans plein de moments du quotidien. »
Pour elles, l’expérience danoise n’apporte pas des réponses toutes faites.
Mais elle confirme une conviction forte :
« Prendre le temps de travailler le collectif et les compétences psychosociales, ce n’est pas du temps perdu. »