-PROFESSIONNELS, Témoignage-Fri for Mobberi au Danemark, l’immersion de trois enseignantes de Meurthe-et-Moselle
Grâce au programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi, dédié à la prévention du harcèlement scolaire et au développement des compétences psychosociales, trois enseignantes de Meurthe-et-Moselle ont vécu une semaine d’immersion au Danemark pour découvrir un autre regard sur l’école et le vivre-ensemble. Premier volet de notre série consacrée à cette expérience pédagogique et humaine.
À Saulxures-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle, Agathe Lagard, Marie Fournier et Stéphanie Ravailler exercent dans une école élémentaire de 132 élèves. « On est entourés de fermes, de forêts sans être très loin de Nancy », résume Agathe, directrice de l’école .
Rien, au départ, ne destinait particulièrement ces trois collègues à partir observer le système éducatif danois en particulier, « on était parti sur un pays un peu plus chaud ! » s’amusent-elles.
L’histoire commence en novembre 2024 quand elles posent un dossier de bourses auprès d’Erasmus + et en particulier le programme Mirabeel. En janvier qui suit, une formation est proposée par la mairie et la Ligue de l’enseignement de Meurthe et Moselle, sur le programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi. Stéphanie y participe aux côtés de l’équipe de la maternelle, des ATSEM et de professionnels du périscolaire.
« C’était une découverte », explique-t-elle. « On se rendait bien compte qu’il y avait de la matière. »
Même sans problématique majeure identifiée dans leur école, les enseignantes perçoivent immédiatement le potentiel des outils proposés : travail autour des émotions, coopération, discussion collective, prévention des situations d’exclusion… Autant d’éléments qui résonnent avec leur pratique quotidienne.
Mais très vite, une question se dessine : comment ces outils sont-ils réellement utilisés dans leur pays d’origine ?
Un projet Erasmus né d’une envie commune d’observer autrement
« On avait envie de découvrir un autre système éducatif et surtout d’observer concrètement ce qui se passe dans les classes », racontent-elles. Le projet, elles le conçoivent à trois et passent par le programme Mirabeel de l’académie de Nancy-Metz.
Sur le papier, le projet paraît simple. Dans les faits, il demande plusieurs mois de recherches et de démarches administratives. Elles éprouvent des difficultés à établir des contacts, quand il y en a, ils se révèlent souvent infructueux jusqu’au moment où le programme Fri for Mobberi vient finalement créer le lien décisif.
Grâce au réseau développé entre la Ligue de l’enseignement, Vivre-ensemble – Fri for Mobberi, Save the children Danemark et la Mary Foundation, un contact est établi avec une école danoise prête à les accueillir, l’école Vinbenshus.
« En fait, Fri for Mobberi est arrivé en même temps et s’est naturellement glissé dans le projet », sourient les enseignantes.
Une heureuse coïncidence qui va transformer leur projet initial en véritable immersion pédagogique autour des compétences psychosociales et de la prévention du harcèlement.

@Agathe Lagard, Marie Fournier et Stéphanie Ravailler
Une immersion pensée pour montrer le quotidien réel de l’école
Pendant une semaine, les trois enseignantes découvrent le fonctionnement d’un établissement danois. Loin d’une visite “vitrine”, l’équipe danoise choisit de leur montrer le quotidien tel qu’il est réellement vécu.
Cours, temps périscolaires, réunions d’équipe, moments de transition, échanges avec les enfants : tout est pensé pour leur permettre d’observer et de comprendre la cohérence globale du système. Les enseignantes sont particulièrement marquées par la qualité de l’accueil reçu.
« Toutes les personnes encadrantes étaient dans le partage. Le directeur a vraiment pris énormément de temps pour nous montrer comment ça fonctionnait. Chacun a été très patient » raconte Stéphanie « et curieux aussi de ce que nous, on vit en France. » ajoute Agathe.
Le fait d’être parties à trois joue également un rôle essentiel. Chacune observe des temps différents, à des niveaux différents, échange avec des professionnels variés, puis entre elles.« Le fait de quitter plus tôt nous permettait aussi de visiter Copenhague et puis d'échanger sur nos observations. » En effet, les enfants danois ont école 5 jours par semaine mais terminent à 14h, alors le périscolaire prend le relais jusqu’à 17h.
Très vite, les enseignantes comprennent que venues observer les outils, elles vont découvrir une véritable culture éducative où les relations, la confiance et la coopération occupent une place centrale.
Une expérience qui, dès les premiers jours, nourrit déjà de nombreuses réflexions pour la suite.