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-PROFESSIONNELS, Témoignage-Quand l’école prend le temps : transitions, coopération et climat apaisé au Danemark

Dans cette deuxième partie de notre série consacrée au voyage pédagogique de trois enseignantes françaises au Danemark dans le cadre du programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi, focus sur l’organisation quotidienne de l’école : coopération entre adultes, continuité entre scolaire et périscolaire, transitions plus douces et place accordée aux compétences psychosociales. 

Au fil de leur semaine d’immersion, un élément revient sans cesse dans les échanges des trois enseignantes françaises : l’impression d’une école où tous les adultes travaillent ensemble autour des enfants.

« Tout était très fluide », résument-elles. 

L’établissement fonctionne comme une seule entité, avec un budget commun. Les enseignants, les équipes périscolaires et les différents intervenants partagent les mêmes espaces, les mêmes objectifs éducatifs et un fonctionnement commun.

« Chez nous, on a souvent des frontières très marquées entre le scolaire et le périscolaire. Là-bas, on avait vraiment l’impression que tous faisaient partie de la même équipe. » expliquent-elles.

Une continuité éducative qui se met en place très tôt

Marie a particulièrement observé la classe “0”, équivalent de la grande section de maternelle : « la classe “0” est spécifique sur l'adaptation, le bien-être à l'école, comprendre qu'on est un individu parmi les autres et comment respecter les autres. C'est l'objet de cette année là.»

D’ailleurs, c’est la seule année où l’enseignante est fixe dans la classe. « Je pense qu'elle a une formation spécifique. D'ailleurs ce n'est pas une enseignante, c'est une pédagogue » précise Marie.

« Du la classe 0 à la classe 4 (le CM1), les élèves sont dans la même classe. Ils sont un enseignant et un pédagogue par classe. Les enseignants se partagent les matières, ils ont chacun leurs matières, ils ont 2 matières, 2 spécialités. Donc il va y avoir par exemple le professeur de danois qui va aussi enseigner les maths. » explique Stéphanie, ajoutant « plus d'autres personnes qui vont intervenir pour la musique par exemple, donc les enfants ont déjà une sorte de petit emploi du temps comme au collège. »

Stéphanie a observé une classe 5, équivalent d’un CM2 français : « le 5e grade c'est la transition entre l'élémentaire et le collège. La classe 5 va commencer à se tourner vers les apprentissages du collège tout en restant dans l'élémentaire.»

Elles découvrent donc un fonctionnement très souple : l’enseignant principal reste le repère de la classe, la suivant d’année en année, mais d’autres adultes interviennent régulièrement.

Les enseignantes observent que les transitions entre les niveaux sont particulièrement travaillées et elles le sont aussi au quotidien entre les différents temps.

« Les transitions étaient très douces », expliquent-elles. « On sentait que ce n’était pas juste de l’organisation, mais vraiment pensé pour les enfants. »

Retour au calme, passage d’une activité à une autre, changements d’adultes : ces moments sont accompagnés avec beaucoup de fluidité. « Ça paraissait très naturel pour eux. »

Musique, petits rituels, temps collectifs courts… autant d’éléments qui contribuent à un climat apaisé.

« Ça jalonnait vraiment la journée. »

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@Agathe Lagard, Marie Fournier et Stéphanie Ravailler

Une organisation qui fait écho aux objectifs de Fri for Mobberi

Cette continuité éducative résonne particulièrement avec les principes du programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi.

Car dans le programme aussi, la prévention du harcèlement scolaire et le développement des compétences psychosociales reposent sur une cohérence entre tous les adultes qui entourent l’enfant.

« On sentait que chacun participait au même climat éducatif. »

Mais ce qu’elles retiennent surtout, c’est cette sensation d’un collectif éducatif très présent.

« Finalement, on s’est rendu compte que les transitions, les liens entre adultes et l’ambiance générale jouent énormément sur les enfants. »

Sans idéaliser le système danois, elles repartent avec plusieurs pistes de réflexion.

« Ça nous montre surtout qu’on peut penser autrement certains temps du quotidien. »