Prévenir le harcèlement scolaire : quand les jeunes prennent la parole
À Paris, des collégiens du 20ᵉ arrondissement réflechissent sur la nécessité d’une prévention globale du harcèlement scolaire. Leur parole résonne fortement avec l’approche du programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi, porté par la fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement.
Dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, ce mercredi 4 février, des élèves de 5ᵉ participaient au Conseil d’arrondissement des jeunes, faisant entendre une parole à la fois lucide et surtout engagée. À l’occasion d’un projet à l’initiative de la mairie en partenariat avec la Ligue de l’enseignement de Paris, ces collégiens se sont engagés dans une démarche d’éducation à la citoyenneté et à la démocratie locale.
Le projet proposait aux élèves un parcours en trois dimensions : se sensibiliser aux droits des enfants, découvrir le fonctionnement du conseil d’arrondissement et devenir pleinement acteurs et actrices du vivre-ensemble au sein de leur territoire et de leur établissement. Sur la thématique des droits des enfants, sans surprise — mais avec beaucoup de pertinence — les jeunes ont choisi de travailler sur un sujet qui les touche directement : le harcèlement scolaire.
Harcèlement scolaire : les jeunes appellent à une prévention à 360°
Avant leur participation au Conseil d’arrondissement des jeunes, les collégiens ont bénéficié d’un temps fort animé par Mathis Frrault qui travaille sur le programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi, déployé par la Ligue de l’enseignement.
À travers un débat mouvant, les élèves ont été invités à discuter des mécanismes du harcèlement, à réfléchir aux réponses existantes et à identifier les leviers d’action possibles. Mais surtout, ce temps d’échange leur a permis de prendre pleinement conscience d’un élément central : la prévention est essentielle, et elle ne peut être efficace que si elle s’adresse à tous.
Les interventions des adolescents ont été particulièrement marquantes. Ils ont montré leur connaissance des dispositifs existants, notamment du programme pHARe, mais surtout une compréhension fine de leurs limites lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un travail de fond. Les jeunes ont exprimé, avec des mots simples et directs, la nécessité d’une prévention à grande échelle, qui implique non seulement les élèves, mais aussi les professionnels qui les entourent — enseignants, personnels éducatifs, animateurs — ainsi que leurs parents.
“Les parents, ils ne comprennent pas vraiment ce qu’on vit, ils ne le vivent pas. On ne devrait pas faire un club anti-harcèlement au collège. Un club c’est restreint. Si on fait un club, le club, ça devrait être tout le collège”2 Noam
Sans connaître nécessairement dans le détail le programme Vivre-ensemble – Fri for Mobberi, ces adolescents, par leurs réflexions rejoignent le programme : une prévention globale, continue, fondée sur le développement des compétences psychosociales, l’empathie, le dialogue et la responsabilité collective. Leur parole vient ainsi confirmer, de manière très concrète, qu’eux-mêmes comprennent le rôle essentiel de la prévention.
Lorsqu’on les interroge sur la prévention destinée aux tout-petits, beaucoup estiment que c’est encore trop tôt ; mais Lou intervient avec conviction auprès de ses camarades :
“On peut apprendre aux petits la gentillesse et à être dans un groupe.”
Avec ses mots, elle nous parle compétences psychosciales et dynamiques de groupe.

Vivre-ensemble – Fri for Mobberi : des valeurs mises en action
Ce Conseil d’arrondissement des jeunes a été une illustration concrète des valeurs portées par Vivre-ensemble - Fri for Mobberi. Donner la parole, écouter sans juger, reconnaître la légitimité de chacun : autant de principes qui ont guidé ces temps forts et qui prennent tout leur sens lorsqu’ils se traduisent en actes.
En créant un espace où les adolescents peuvent s’exprimer librement, partager leurs expériences et formuler convictions et inerrogations, on retrouve l’un des fondements du programme : faire des jeunes des acteurs à part entière du vivre-ensemble. Non pas seulement parler de prévention, mais la construire avec eux.
Cette dynamique n’aurait pas de sens sans un travail collectif. En associant les équipes éducatives, les acteurs associatifs et la collectivité, l’action s’inscrit dans une logique de coopération, fidèle à l’esprit de Vivre-ensemble - Fri for Mobberi. Prévenir le harcèlement, c’est agir ensemble, dans la durée, en s’appuyant sur des valeurs communes de respect, de solidarité et de responsabilité partagée.
Quand des adolescents demandent, avec autant de justesse, une prévention à 360°, cela envoie un signal fort. Un signal qui confirme que miser sur le vivre-ensemble et sur une prévention précoce et globale du harcèlement scolaire n’est pas seulement pertinent : c’est indispensable.